Pour ceux qui s'ennuient...
Publié : mar. 3 avr. 2012 14:12
Le Temps a publie l'article suivant aujourd'hui:
La finale des viennent-ensuite
Cinquante matches de saison régulière pour déboucher sur une finale des play-off qui, dès mardi soir, oppose le 5e (CP Berne) au 7e (Zurich Lions), N’y aurait-il pas comme un hic?
Il faudra qu’un jour, un expert omniscient en matière de hockey sur glace nous explique à quoi sert, au moins en Suisse, la saison dite «régulière». Cette appellation d’origine contrôlée aligne 50 matches pour 12 malheureuses équipes pendant plus de quatre mois, juste histoire de désigner les 8 qui auront droit aux séries finales titre national en point de mire – les play-off –, et les 4 qui se disputeront le déshonneur d’être barragiste contre la relégation en Ligue B – les play-out.
Si l’on pose la question de l’utilité de l’interminable saison régulière, c’est parce que, naïvement, nous croyions que les meilleurs clubs désignés sur la longueur le resteraient en play-off. Grosse erreur. Ici, on vogue plutôt dans le domaine biblique: les premiers seront les derniers.
«En état de mission»
Reprenons. Zoug, No 1 du championnat 2011-2012: sèchement recalé en demi-finale des play-off (série remportée 4-0 par les Zurich Lions); Davos, No 2 et champion en titre: passé à l’essoreuse (4-0) par les mêmes Lions en quart de finale; Fribourg Gottéron, No 3 éjecté par le CP Berne en demi (4-1); les Kloten Flyers enfin, No 4, laminés par les Ours en quart (4-1).
Tout cela pour aboutir, dès ce soir, à une finale des play-off au meilleur des 7 matches, opposant le 5e de la saison régulière (Berne) au 7e (Zurich), soit deux protagonistes cahin-caha en championnat – Berne avait même viré son coach Larry Huras à mi-exercice –, soudain montés en puissance depuis le début des séries.
Franchement, on n’y comprendrait rien si l’on n’avait découvert, dans Le Matin Dimanche, l’analyse enflammée de Serge Pelletier, ex-mentor de Gottéron: «Pour réussir ses play-off, une équipe doit se mettre en état de mission. Si elle est habitée du bon esprit, alors rien ne peut la déranger. Elle est dans une bulle, elle se concentre sur elle-même, elle se fout des blessures, des médias, de la pression. Oui, c’est ça, elle est en mission.» Ouh là! Encore du religieux (ou du belliqueux). Entraîneur de Viège, Bob Mongrain, lui, parle de ventre vide: «Dans toutes les catégories de jeu, il faut toujours se méfier des équipes au potentiel élevé qui connaissent une saison difficile. Celles-là arrivent en play-off affamées.» Comme les fauves d’Astérix gladiateur, nourris de salade avant de les expédier dans l’arène?
Tout ça, au fond, fait peur. Tant mieux si Teleclub, propriétaire des droits, interdit à la RTS de retransmettre cette finale d’ici à la 3e manche de samedi. Pour ceux qui, ce mardi, préféreront admirer deux équipes au top de la «saison régulière» présentes en «play-off» et télévisées sur le service public, il reste Barcelone – AC Milan…
La finale des viennent-ensuite
Cinquante matches de saison régulière pour déboucher sur une finale des play-off qui, dès mardi soir, oppose le 5e (CP Berne) au 7e (Zurich Lions), N’y aurait-il pas comme un hic?
Il faudra qu’un jour, un expert omniscient en matière de hockey sur glace nous explique à quoi sert, au moins en Suisse, la saison dite «régulière». Cette appellation d’origine contrôlée aligne 50 matches pour 12 malheureuses équipes pendant plus de quatre mois, juste histoire de désigner les 8 qui auront droit aux séries finales titre national en point de mire – les play-off –, et les 4 qui se disputeront le déshonneur d’être barragiste contre la relégation en Ligue B – les play-out.
Si l’on pose la question de l’utilité de l’interminable saison régulière, c’est parce que, naïvement, nous croyions que les meilleurs clubs désignés sur la longueur le resteraient en play-off. Grosse erreur. Ici, on vogue plutôt dans le domaine biblique: les premiers seront les derniers.
«En état de mission»
Reprenons. Zoug, No 1 du championnat 2011-2012: sèchement recalé en demi-finale des play-off (série remportée 4-0 par les Zurich Lions); Davos, No 2 et champion en titre: passé à l’essoreuse (4-0) par les mêmes Lions en quart de finale; Fribourg Gottéron, No 3 éjecté par le CP Berne en demi (4-1); les Kloten Flyers enfin, No 4, laminés par les Ours en quart (4-1).
Tout cela pour aboutir, dès ce soir, à une finale des play-off au meilleur des 7 matches, opposant le 5e de la saison régulière (Berne) au 7e (Zurich), soit deux protagonistes cahin-caha en championnat – Berne avait même viré son coach Larry Huras à mi-exercice –, soudain montés en puissance depuis le début des séries.
Franchement, on n’y comprendrait rien si l’on n’avait découvert, dans Le Matin Dimanche, l’analyse enflammée de Serge Pelletier, ex-mentor de Gottéron: «Pour réussir ses play-off, une équipe doit se mettre en état de mission. Si elle est habitée du bon esprit, alors rien ne peut la déranger. Elle est dans une bulle, elle se concentre sur elle-même, elle se fout des blessures, des médias, de la pression. Oui, c’est ça, elle est en mission.» Ouh là! Encore du religieux (ou du belliqueux). Entraîneur de Viège, Bob Mongrain, lui, parle de ventre vide: «Dans toutes les catégories de jeu, il faut toujours se méfier des équipes au potentiel élevé qui connaissent une saison difficile. Celles-là arrivent en play-off affamées.» Comme les fauves d’Astérix gladiateur, nourris de salade avant de les expédier dans l’arène?
Tout ça, au fond, fait peur. Tant mieux si Teleclub, propriétaire des droits, interdit à la RTS de retransmettre cette finale d’ici à la 3e manche de samedi. Pour ceux qui, ce mardi, préféreront admirer deux équipes au top de la «saison régulière» présentes en «play-off» et télévisées sur le service public, il reste Barcelone – AC Milan…